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Rude Marseillaise !

Je partage le Ministre !


AUSSI vrai que Dieu écrit droit avec des lignes courbes, le Gouvernement n’a reculé en rien devant les Gilets Jaunes en suspendant, annulant et supprimant l’augmentation des taxes prévues sur les carburants, quelle idée ! Le Gouvernement maintient son cap dans le brouillard des fumigènes et des gaz lacrymogènes, cap aussi fixe qu’indéterminé et c’est justement ce qui permet, avec la même boussole fiscale, de prendre une autre direction, ce qui distingue la vie politique de la navigation maritime ! Les quatre milliards égarés ici seront retrouvés là-bas, un peu plus loin, en traversant la rue, soyons sans inquiétude.

Il ne m’appartient pas, en tant que ministre du Dimanche, de porter un jugement acide sur des événements qui ont lieu un samedi et qui jouissent ce jour-là de la disponibilité d’une palanquée de mes collègues du Gouvernement pour apprécier les natures comparées des réchauffements climatiques, qu’ils soient atmosphérique ou social. Il est apparu évident aux observateurs que, si les Champs-Elysées ne sont pas immédiatement menacés par la montée des eaux consécutive à la fonte de la banquise, le réchauffement climatique d’ordre social produit des effets instantanément incandescents. Notre auguste arc de triomphe a eu bien chaud aux miches et ses reproductions de plâtre ont connu les derniers outrages, ce qui lui a valu d’être érigé en symbole de la République martyrisée, lui qui de sa conception à son inauguration doit tout à un empereur et trois rois.

La priorité est donc à la limitation du réchauffement du climat social et à ses émanations de gaz toxiques provoquées conjointement par la combustion des automobiles et l’émission d’idées nauséabondes, pour reprendre un qualificatif d’usage agréable, savant et commode sur un plateau télé. Cet enjeu est-il toutefois plus aisé à atteindre que les modestes deux degrés atmosphériques ? Rien n’est moins certain quand on sait que c’est du peuple qu’il s’agit, que le peuple pète fort et sans retenue et qu’il prétend encore, rira-t-on assez de cette prétention ridicule, détenir la souveraineté du pouvoir. Allez trouver le moyen de le déciller sur cette illusion trop longtemps entretenue ! Ainsi, à intervalle régulier dans ce pays, le peuple ressent le besoin de prendre une bastille, de mettre à bas le gouvernement et de placer au bout d’une pique les têtes des agents du fisc. Il y croit d’autant plus qu’on lui a octroyé une fête nationale d’un de ces épisodes dont la violence débridée aurait sans aucun doute alarmé tous les commentateurs redondants de BFM TV s’ils en avaient été les témoins horrifiés.

C’est une assez triste révélation, pour des élites républicaines bercées dans les fantasmagories héroïques de gloires révolues, que de s’apercevoir au XXIème siècle que le peuple n’est pas gentil.