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Vision d’Euro

Je partage le Ministre !

À une semaine d’écart, les Français sont convoqués par deux fois à voter dans un scrutin européen et ils ne comprennent pas, ils ne décolèrent pas. Depuis des mois, ils se préparent à porter vers un triomphe sidéral le jeune chanteur Bilal Hassani, candidat à l’Eurovision dans une rare communion nationale ethno-compatible non genrée et voilà qu’ils apprennent qu’au mépris de toutes les bienséances démocratiques, il leur est interdit de voter pour le vibrionnant élu de leur cœur ! Pire, il leur est commandé de voter pour des candidats étrangers très laids, sans perruque et dénués de tout talent ! La semaine prochaine, dimanche 26 mai, les Français sont à nouveau appelés à voter pour le scrutin européen et là, bis repetita, ils ne pourront toujours pas glisser dans l’urne un bulletin Bilal Hassani et devront se reporter sur une kyrielle de candidats dont on n’a jamais entendu la moindre chanson !

Résultat : le joyeux Bilal, privé du vote salutaire et patriotique, se ratatine à la quatorzième place de l’Eurovision laissant le trophée à un obscur mâle blanc dominant batave, quelle dégelée ! Pareillement, dimanche prochain, Bilal restera sur le triste côté de la démocratie chantante tandis que Nathalie Cuicui ou Marine Chouchen se disputeront le micro de Strasbourg pour y faire entendre leurs voix aussi peu mélodieuses que probablement inutiles.

On me rétorquera fielleusement qu’une chansonnette doucereuse de Bilal Hassani n’est pas en mesure d’apporter un gain très mesurable de pouvoir d’achat et qu’avant les perruques et le strass, les Français privilégient l’Euro sonnant et trébuchant sur l’Europe fut-elle eurovisionnée. Certes. Mais comment faire aimer l’Europe et ses fastueuses largesses quand on accumule dans les esprits ombrageux de nos concitoyens et par des règlements honteusement discriminatoires, des frustrations incessantes leur interdisant de porter au plus haut des podiums le candidat inclusif qui a conquis leurs suffrages ? On ne s’étonnera pas, après ce sinistre camouflet de l’Eurovision, du taux d’abstention hyperbolique du scrutin de dimanche prochain. Après la défaite de Bilal Hassani, à quoi bon, je vous le demande, à quoi bon ?

Il faut réagir sans tarder, réformer sans barguigner et légiférer sans faillir. En tant que Ministre du Dimanche, je déposerai sur la table de cuisine de la Commission Européenne une résolution visant à fusionner, ni plus ni moins, l’Eurovision avec le Parlement européen. Les députés européens seront désormais sommés de chanter toutes leurs interventions dans l’hémicycle tandis que les groupes politiques présenteront leurs résolutions avec une chorégraphie soignée mettant en valeur les trésors gesticulatoires des banlieues locales. Les votes s’effectueront sur la base d’une échelle de un à douze points et la directive approuvée sera mise en musique et mixée devant un public délirant sous une avalanche festive de confettis arc-en-ciel. Pour atteindre le plus haut degré d’expression artistique, notamment lors des discussions budgétaires, chaque président de groupe aura le loisir d’être assisté par un coach.

Bilal Hassani, un bien gentil garçon qui ne recule devant aucune difficulté apparemment insurmontable, a accepté d’être le coach vocal de Nathalie Cuicui. Nous l’en remercions.