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Les neuf vies de Bigoudi

Je partage le Ministre !

LA troisième mort du calife Bigoudi ce dimanche nous laisse entrevoir une réalité terrifiante que je m’étonne encore de n’avoir pas relevé parmi les éditoriaux éclairés des plumitifs parisiens et qui ne transpire pas d’une promesse de félicité azuréenne : le calife Bigoudi est un chat.

On en conviendra, trois morts, c’est deux de trop pour le contribuable ordinaire qui s’évertue à saigner la Sécurité Sociale pour repousser au-delà du raisonnable le terme fatal qu’il sait sans seconde chance, à coups de chimiothérapies ruineuses. Et la seule espèce animale qui nargue la création par sa capacité encore inexpliquée à accumuler pas moins de neuf vies, c’est bien le chat, ce perfide compagnon qui complote chaque jour à ruiner nos existences paisibles. Vous l’aurez compris, et même si le calife Bigoudi gaspille ses vies à un rythme effréné, il n’est pas proche le temps où nous serons définitivement débarrassé des six prochaines vies de ce funeste terroriste en rut.

Certes, la domestication millénaire du chat, vautré sur nos genoux qu’il lacère d’importance, a permis de contrôler le processus mortel de ce redoutable félidé : nourri avec force résidus de métaux lourds et sous-produits radioactifs délicatement inclus dans de gourmandes croquettes, nous pouvons nous assurer d’avoir ruiné son capital d’existences multiples avec bien plus d’efficacité qu’en lui allongeant neuf coups de gourdins successifs sur le crâne. Mais le calife Bigoudi n’est pas domestiqué, il erre hirsute sur sa mobylette de fonction dans les sables des déserts orientaux, c’est un chat sauvage imperméable aux bienfaits du confort émollient d’un pavillon de banlieue. Il se rit des balles traçantes qu’il attrape au vol, il virevolte autour des drones puis s’en retourne à sa tanière se taper une esclave. Nous avons appris en effet que ce ne sont pas les kilos de bombes américaines qui ont eu raison de Pussy Poussah tant il a acquis de dextérité à les rediriger vers des villageois endormis. Non, juché en haut de son armoire, le calife Bigoudi a usé d’un stratagème éculé consistant à se faire exploser lui-même avec sa propre bombe, autant dire un cocktail maison savamment dosé propre à lui préparer une résurrection paisible dans un refuge de la SPA. Je ne vous dis pas l’état des rideaux et de la moquette, ça ne va pas être commode à relouer.

Alerté par mes soins zélés, le Gouvernement est pleinement convaincu de l’impérieuse exigence de procéder à une surveillance sans faille de toutes les naissances de chatons sur l’ancien territoire levantin du calife Bigoudi. Le principe de précaution joint à la société de vigilance appelée par notre Président conduisent d’évidence à l’élimination préventive par satellite laser de tous les chatons radicalisés de la région. C’est une technique éprouvée qui a donné d’excellents résultats dans la pêche à la sardine mais les cœurs émotifs des amis des chats et autres végans retiennent le bras vengeur de nos forces armées interstellaires. Il convient donc d’être plus sélectif et, pour tout dire, artisanal. Nos forces spéciales sont actuellement déployées sur ces terres hostiles pour déposer aux abords des mosquées de jolies gamelles de boulettes industrielles garnies d’une délicieuse mort-aux-rats. Nul doute que notre calife ressuscité se précipitera la queue dressée pour goûter à ce plantureux festin et qu’il rendra son âme noire avant d’avoir atteint l’âge adulte où il aurait, sans conteste, repris ses activités criminelles.

Par pur esprit de charité et considérant que cette salutaire opération aurait malgré tout des effets regrettables sur la démographie des chats trop gourmands, j’ai pris sur moi d’engager la France dans un vaste programme de repeuplement félin de la Mésopotamie à partir de chats français, patriotes et miaulant la Marseillaise à l’endroit et à l’envers.

Les vies du calife Bigoudi sont comptées, la France y veille.