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Jaunisse de gilets

Je partage le Ministre !

JE ne m’attendais pas en devenant Ministre du Dimanche, mais alors vraiment pas du tout, à consacrer d’interminables journées et des trésors d’attention technocratique à des milliers de mes concitoyens que je pouvais auparavant estimer capables de discernement et désormais revêtus de gilets jaunes, errant hagards sur les Champs-Élysées en quête d’un pouvoir d’achat introuvable. Quatre semaines de gilets jaunes, je frise la jaunisse !

Pouvoir d’achat soit. Il est heureux que le peuple jaune se limite à revendiquer le pouvoir d’achat ce qui nous dispense avec soulagement de lui remettre le pouvoir tout court. Non seulement le Gouvernement doit répondre favorablement à cette bien raisonnable demande mais il doit devancer avec audace cette simple question du pouvoir d’achat en étendant le champs des possibles merveilleux.

Car qui dit pouvoir d’achat induit sa corollaire : le pouvoir de vente ! Quel est-il aujourd’hui, ce pouvoir de vente, chers compatriotes ? Rien ou pratiquement, des broutilles, de la brocante, des vélos cassés et des pantalons troués ! Augmentons le pouvoir de vente des français en favorisant, par exemple, le commerce de l’excédent de frites aussi dominicales que croustillantes par les ménagères enquête de quelque monnaie ! Quoi de plus convivial et hautement citoyen qu’une voisine qui vient frapper à votre porte pour vous vendre quelques fines crêpes beurrées avec gourmandise ? Voilà bien quelques centimes bienvenus pour terminer le plein d’essence !

Ne nous arrêtons pas ici : quid du pouvoir d’échange ? Et le pouvoir de troc ? Le pouvoir de soldes ? Tous ces pouvoirs sont à conquérir et tant d’autres tels le pouvoir du « satisfait ou remboursé » confisqué par les grossiums du CAC 40 ou le pouvoir de « réduction immédiate » indûment réservé à la caisse du supermarché. Gageons que d’ici la satisfaction générale et unanime de tous ces pouvoirs réclamés à grands coups de battes de baseball par nos concitoyens, nous parviendrons tranquillou à la fin du quinquennat sans bourse délier et sans nous faire dérober nos Rolex.